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Ce que coûte vraiment le financement d'un contrat logiciel

Valeur actualisée, taux bancaire, frais de service : comment se calcule le montant versé à l'éditeur, avec des exemples sur 24, 36 et 48 mois.

Renaud de Lacotte · · 4 min de lecture

Quand une banque rachète un contrat de location, l’éditeur ne reçoit pas la valeur totale des loyers. Il reçoit moins, et c’est normal. Encore faut-il savoir combien moins, et pourquoi.

Une somme reçue aujourd’hui vaut plus qu’une somme reçue demain

La banque vous paie maintenant des loyers qu’elle encaissera pendant plusieurs années. Elle immobilise son argent, et elle se rémunère pour cela. Le prix qu’elle vous propose est la valeur actualisée des loyers : chaque loyer futur est ramené à sa valeur d’aujourd’hui, au taux de la banque.

Un loyer payé dans un mois vaut presque son montant. Un loyer payé dans trois ans vaut nettement moins. La somme de ces valeurs actualisées est le prix de rachat du contrat.

Le calcul, sur un exemple

Contrat de 1 000 euros HT par mois sur 36 mois, loyers payés en début de mois, taux bancaire de 6,5 % par an.

Montant
Valeur totale des loyers 36 000 €
Prix de rachat par la banque 32 804 €
Coût du financement 3 196 €
Frais de service de l’intermédiaire (2 %) 720 €
Versé à l’éditeur 32 084 €

L’éditeur reçoit donc environ 89 % de la valeur du contrat. Les 11 % restants se répartissent entre la rémunération de la banque, qui porte aussi le risque d’impayé, et les frais de service.

La durée pèse lourd

À taux égal, plus le contrat est long, plus l’actualisation coûte cher : les derniers loyers sont lointains.

Durée Valeur du contrat Versé à l’éditeur Part retenue
24 mois 24 000 € 22 090 € 8,0 %
36 mois 36 000 € 32 084 € 10,9 %
48 mois 48 000 € 41 436 € 13,7 %

Même hypothèse : 1 000 euros HT par mois, taux de 6,5 %, frais de service de 2 %.

Pour vos propres montants, le simulateur de financement refait ce calcul en quelques secondes. Le taux compte aussi. Sur 36 mois, passer de 6,5 % à 8 % fait baisser le versement d’environ 680 euros. C’est pourquoi le taux proposé par la banque, qui dépend notamment du profil des clients, mérite d’être discuté.

Le bon point de comparaison

Il serait tentant de comparer 32 084 euros à 36 000 euros et de conclure qu’on « perd » près de 4 000 euros. Ce n’est pas la bonne comparaison.

Sans financement, vous auriez deux options.

Facturer d’avance les 36 000 euros. C’est l’idéal, quand le client accepte. Dans les faits, une partie des clients refuse, négocie une remise ou repousse la signature. La remise consentie pour un paiement d’avance ressemble souvent, en ordre de grandeur, au coût d’un financement.

Facturer au mois vous-même. Vous encaissez bien 36 000 euros, mais sur trois ans. Entre-temps, il faut financer votre propre croissance (salaires, développement) avec une trésorerie qui n’est pas là. Et vous portez le risque : un client qui cesse de payer au mois 14 vous laisse 22 loyers à recouvrer. Les façons de réduire le risque d’impayé sur un contrat pluriannuel ne se valent pas toutes.

Le coût du financement se compare donc à la remise pour paiement d’avance, au coût de votre propre financement si vous devez lever de la dette ou des fonds, et au coût des impayés et des relances.

Qui paie, le client ou l’éditeur ?

Dans le schéma le plus courant, l’éditeur. Le client paie la mensualité inscrite sur le devis, sans majoration, et l’éditeur reçoit le montant actualisé.

Certains éditeurs intègrent ce coût dans leur prix mensuel, en affichant par exemple 1 050 euros par mois au lieu de 1 000. C’est un choix commercial, pas une obligation, que nous discutons dans vendre en mensualités : ce que ça change dans un cycle de vente B2B. La règle importante est la transparence : le client doit voir le montant total qu’il s’engage à payer.

Trois réflexes avant de signer avec une banque

  1. Demandez le calcul détaillé, loyer par loyer si besoin. Un taux annoncé ne dit pas tout : les loyers sont-ils payés en début ou en fin de mois, y a-t-il des frais de dossier ?
  2. Vérifiez que les conditions sont figées au dépôt du dossier. Un changement de barème entre la signature du client et le versement serait une mauvaise surprise.
  3. Regardez le délai de versement. Un financement payé quelques jours après la signature n’a pas la même valeur qu’un versement à 60 jours.

Les frais de service de Mensia, eux, sont publics : ils figurent sur la page des tarifs.

Le financement a un prix, et il est assez simple à calculer. Ce qu’il faut évaluer, c’est ce qu’il vous évite.

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Le simulateur détaille le coût du financement et le montant versé, ligne par ligne, avant tout engagement.

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